Comment aider l’enfant unique à devenir autonome?

Centre d’intérêt de toute la famille, l’enfant seul a parfois du mal à trouver sa place parmi les autres. Aidez-le à devenir autonome.

Côté relationnel, c’est l’idylle. Les parents n’ont pas à faire face à la jalousie de l’un quand ils s’occupent de l’autre: l’enfant unique a ses parents pour lui tout seul. Ils ont plus de temps à lui consacrer pour jouer ou parler avec lui, s’intéresser à ce qu’il fait, le comprendre.

Cette situation plutôt confortable cache pourtant certains écueils. Sous prétexte qu’il est seul,  tout miser sur lui conduit à des exigences démesurées. Des cours de maths aux leçons de piano, certains enfants n’ont plus aucun répit. Leurs parents les ont chargés d’une trop lourde mission: être conforme à leurs rêves. C’est « l’enfant merveilleux » à qui l’on demande d’être non pas ce qu’il est, mais ce qu’on a envie qu’il soit. L’enfant étant alors le centre d’intérêt exclusif, la Pression peut devenir trop forte pour lui. L’excès inverse ne l’aide pas non plus: tout ce qu’il fait est bien, original, amusant. Il n’a pas de défauts, il a du caractère ! Moyennant quoi, il se permet de transformer le salon en champ de bataille (il faut bien qu’il s’amuse!), ou de piquer des colères monstres (il faut bien qu’il s’exprime) sans que les parents ne réagissent. Avec plusieurs petits diables, cette attitude serait complètement impossible: on est bien obligé d’instaurer une discipline. L’enfant unique a lui aussi besoin de règles, d’interdits et de sanctions.

Laissez-le vivre sa vie

L’idéal est de l’élever comme s’il avait des frères et des sœurs et d’éviter, par exemple, de voler à son secours à la moindre broutille. S’il est trop protégé, il prendra l’habitude de se considérer comme le centre du monde. Mieux vaut donc le pousser à vivre sa vie. Non, il ne s’ennuiera pas en s’amusant seul dans sa chambre. Les enfants ont beaucoup d’imagination ils inventent des personnages et des situations passionnantes. Au besoin, offrez-lui un petit animal qui deviendra son compagnon de jeux. S’il est capable de se distraire seul, l’enfant unique ne doit pas pour autant rester isolé. Il est essentiel qu’il ait des contacts. Et pas seulement avec des adultes, ce qui l’amènerait à mûrir trop vite. Par ailleurs, dans cet esprit, il n’est pas bon d’en faire son «petit confident ». Il serait confronté à des sentiments ou à des situations qui ne sont pas de son âge. L’enfant unique a besoin de se mêler à ceux de sa génération, pour son plaisir, mais aussi pour apprendre les règles de vie en société notamment le partage.

Incitez-le à jouer avec les autres

Vous pouvez commencer à le mêler à d’autres enfants très tôt, en le mettant à la crèche. S’il va chez une nourrice, choisissez-en une qui garde d’autres petits. Sinon fréquentez le square, déposez le dans une halte-garderie et inscrivez-le en maternelle dès que c’est possible. Quand vous allez dîner chez des amis, eux aussi parents, n’appelez pas la baby-sitter, emmenez-le avec vous. En retour, recevez vos amis avec leurs enfants: tant mieux et tant pis si ça bouge un peu beaucoup dans la maison. Pour les vacances, préférez des structures avec club de jeunes plutôt qu’une location où il aura moins de chance de se faire des amis. Bien sûr, invitez ses copains et ses cousins à jouer, à des goûters.

Un anniversaire, une fête: bonnes occasions de tisser des liens. Et quand votre enfant tente de prendre son envol, ne le retenez pas. Il part jouer avec ses copains, laissez-le, il faut bien qu’un jour il échappe au trio «papa, maman et moi».

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