Quand notre tête est responsable de nos maladies

Si on est angoissé et que l’on n’arrive pas à se confier, notre corps parle à notre place. Apparaissent alors des troubles qui prennent pour cible la peau, le système respiratoire, digestif ou génital. Pour s’en débarrasser, il faut bien entendu traiter les symptômes, mais aussi leur origine psychologique.

La peau, miroir de nos émotions

Trois quarts des maladies de peau sont dues à un stress, un chagrin ou une colère rentrée. Si elles ne cèdent pas après quelques semaines de traitement, il est préférable de faire un travail d’analyse sur soi-même.

Rien d’étonnant à ce que la peau soit le reflet de nos états d’âme Puisque ses cellules ont la même origine que le cerveau. « Ces deux organes sont issus de l’ectoderme, une partie de l’embryon qui, au vingt-et-unième jour de la vie intra-utérine, se différencie pour donner naissance d’une part au système nerveux, de l’autre à l’épiderme, aux ongles et aux cheveux », explique le Dr Danièle Pomey-Rey dermatologue psychiatre-psychanalyste.

Cette spécialiste rappelle également la qualité si particulière de la peau qui, grâce à un grand nombre de récepteurs (50 au cm2), reçoit le monde extérieur (le chaud, le froid, la douleur mais aussi la première caresse ou le baiser de la mère) et en véhicule les informations jusqu’au cerveau. En réponse, celui-ci lui retransmet les signes des émotions: détente, pâleur rougeurs, chair de poule… Selon Le docteur Pomey- Rey, on peut dégager des constantes psychologiques dans les maladies dermatologiques les plus répandues. Et celles-ci doivent être impérativement prises en compte lorsque l’affection ne guérit pas rapidement en moins de six mois avec un traitement purement médical.

 Le psoriasis, reflet de colères rentrées

Cette maladie très fréquente, qui touche presque 3 % de la population, se manifeste par des plaques rouges recouvertes de petites peaux blanches (squames) apparaissant de préférence sur les coudes, les genoux les paumes de mains ou les plantes de pieds. Non douloureuse mais disgracieuse, elle est très souvent le lot de patients souffrant de colères rentrées et de rages inexprimables. Des séances de puvathérapie (ultraviolets de faible intensité), pratiquées au cabinet du dermatologue ou à l’hôpital, aux médicaments tels que les rétinoïdes ou le calcipotriol (un dérivé de la vitamine D), les traitements médicaux ont fait d’immenses progrès au cours de ces dernières années. Mais, lorsque le psoriasis persiste, il faut savoir que s’y associe peut-être une dépression masquée à traiter avec des antidépresseurs. Si l’origine du trouble remonte à l’enfance, il peut être retrouvé et par conséquent verbalisé Grâce à une psychothérapie. Il faut suivre en moyenne une séance par semaine, pendant six mois à un an.

Le lichen, secondaire à un stress

Cette éruption papuleuse au niveau des avant-bras représente le type même de la maladie « nerveuse ». Le lichen se signale toujours après un stress, sans autre cause décelable. S’il ne régresse pas de manière spontanée, il faut envisager une psychothérapie avec une analyse des rêves.

L’eczéma, engendré par l’angoisse

Il se développe sur un terrain d’angoisse. Chez les nourrissons, il peut s’agir d’une maman anxieuse qui communique son stress à son nouveau-né. Il existe de nombreux traitements locaux qui vont apaiser les démangeaisons et l’éruption caractéristique de cette affection. Il faudra aussi rassurer la jeune maman.

Chez l’adulte, le traitement par des tranquillisants s’impose souvent pour calmer le terrain anxieux. A cette liste, il faudrait ajouter les pelades, des pertes subites de cheveux le plus souvent liées à une séparation, le prurit d’origine psychologique (démangeaison fréquemment en rapport avec un état de persécution), l’herpès ou bien le zona qui, malgré leur origine virale, éclosent également dans des moments de dépression, exactement de la même façon que l’urticaire. L’essentiel est de savoir écouter ces signaux d’alarme et de trouver un médecin de confiance auprès duquel on pourra exprimer ses angoisses.

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